Le Fidèle

le fidele

« Lorsque Gino rencontre Bénédicte, c’est la passion. Totale. Incandescente. Mais Gino a un secret. De ceux qui mettent votre vie et votre entourage en danger. Alors Gino et Bénédicte vont devoir se battre envers et contre tous, contre la raison et contre leurs propres failles pour pouvoir rester fidèles à leur amour. »

Je vais être bref, et je vais spoiler. Si vous avez envie de le voir, arrêtez-vous là. Le Fidèle est raté. Dans les grandes largeurs. Le trailer annonce des enjeux qui n’existent pas. L’histoire d’amour est vue, revue, et re-revue. Les braquages sont cheap. Y a pas un moment où on a de la tension, où on entre en empathie avec les personnages, tellement c’est mal joué. Ou mal dirigé, je ne saurais dire. Peut-être un peu des deux. Je n’ai rien contre Matthias Schoenaerts, mais là c’est pas possible. Le mec joue Gino, un paria, qui s’est trouvé « une famille » chez d’autres klets (le film se passe en Belgique) de son espèce, avec qui il fait de menus larcins avant de passer à plus gros, à des braquages. Les mecs sont bons, d’après ce qu’on apprend. Mais quand au détour d’une course de voitures il rencontre Bénédicte (Adèle Exarchopoulos), c’est l’amour fou, la Passion, et il veut tout arrêter, après le fameux « dernier coup ». Je vous le donne dans le mille, messieurs dames, ça va mal se mettre, et pas qu’un peu. Prison, perte de bébé, mort de Bibi (le p’tit nom de sa meuf), rien ne lui sera épargné.

Bref, du pathos en veux-tu en voilà, sur fond de vent. C’est trop vu, beaucoup trop vu. Et ça n’amène rien au genre. Michael Roskam, le réal, disait que les principales influences du Fidèle sont Heat et Un Homme Et Une Femme. Influences, soit, ce n’est pas flagrant. Si pour n’importe quel film de braquo les gens se réclament de Heat, faut que ce soit un minimum à la hauteur. Le Fidèle, dans l’approche du couple au sein de ce contexte, me fait plus penser à The Town. C’était déjà chiant alors que le film est bien, alors ici… Vraiment, le casting, c’est pas possible. Schoenaerts, t’as juste l’impression qu’ils l’ont engagé parce qu’ils n’ont pas eu Manuel Ferrara. Limite ç’aurait été plus crédible avec lui. Surtout avec le personnage de Bibi, qu’interprète MAGNIFIQUEMENT Adèle Exarchopoulos, qui fait montre de sa palette d’actrice en long, en large et en travers. Putain, au bout de cinq minutes de métrage, elle est déjà à poil et se fait déboiter le caisson. Sérieusement ??? Alors, ok, je veux bien concéder le fait qu’y a quelque chose de très sexué, sexuel, chez Adèle, mais de là à embrayer direct comme ça ? Bref. Faudrait qu’elle pense à sortir de cette espèce de torpeur qui l’habite constamment à l’écran. La meuf joue la tristesse tout le temps. C’en est insupportable sur la longueur. Quant au reste du casting, c’est du même acabit.

Même dans la réalisation, y a pas grand-chose à retenir. C’est plat, y a pas de tension, le film se déroule devant nos yeux, et on n’en retient rien. C’est triste. Bref, Le Fidèle n’est pas à la hauteur de ses intentions, ne se donne pas « les moyens de ses ambitions » (qu’est-ce que j’ai horreur de cette expression). Copie à revoir.

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Carbone

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« Menacé de perdre son entreprise, Antoine Roca, un homme ordinaire, met au point une arnaque qui deviendra le casse du siècle. Rattrapé par le grand banditisme, il lui faudra faire face aux trahisons, meurtres et règlements de compte. »

Le Marchal nouveau est arrivé. Visiblement, le mec a envie de surfer sur la vague des polars financiers, type The Big Short. Partant d’un fait avéré, une arnaque à la TVA sur la revente de quotas de CO2 (en gros, chaque entreprise polluante dispose d’un quota de rejet de CO2 dans l’air à l’année. Si l’entreprise X n’a pas atteint ce quota, elle peut revendre ce qu’il lui reste à l’entreprise Y qui elle a dépassé le quota, du coup ça équilibre), tout un business s’est crée littéralement sur du vent au moment de la mise en place de ce système, vers 2008. Antoine Roca (Benoit Magimel), dirigeant d’une société de transport en dépôt de bilan, voit là-dedans un moyen de renflouer les caisses de sa société, et assurer la pérennité de ses employés. Il va s’associer avec ses potes de poker pour monter cette arnaque. Ayant besoin de fonds pour démarrer, il va emprunter de l’argent à des bandits notoires. Comme vous vous en doutez, ça va mal se mettre. Ajouté à cela un beau-père (Gérard Depardieu) qu’a le bras très long et qui fera tout pour le foutre dans la merde…

Je suis client d’Olivier Marchal. Même des Lyonnais, alors que c’est pas ce qu’il a fait de mieux. L’inversion des valeurs entre les flics et les voyous, les codes d’honneur, les histoires de familles quelles qu’elles soient, je suis preneur. Ce n’est pas pour rien que je suis friand des polars HK, on y retrouve tout ça. Dans Carbone, c’est moins le cas. On sent que le père Olivier tourne en rond. Il a beau essayer de sortir de son schéma habituel, de sa zone de confort, il y revient inexorablement, tel Sisyphe poussant son putain de caillou.  Mais on se retrouve devant un objet un peu hybride, une espèce d’hydre à deux têtes dont chacune d’elles essaie de prendre l’avantage sur l’autre. Ça ne peut pas fonctionner sur le long terme.

Toute la première partie du métrage, le « Rise », celle où l’arnaque se met en place, est intéressante. Ses motivations sont assez nobles, renflouer les comptes de sa société, point. Mais l’argent appelle l’argent, et il coule à flots. C’est plutôt du côté de ses acolytes que le bât blesse. Les frères Wizman, Éric (Idir Chender) notamment. Un foncedé de première qu’a un peu trop vu Scarface. Samy (Guillaume Tranchant, parfait dans le rôle) lui, est plus mesuré, plus dans le calcul. Tout ce petit monde est chapeauté par le comptable de Roca Laurent Melki (Michaël Youn, très bien lui aussi), qui se retrouve embarqué là-dedans malgré lui, et qui y prend goût. C’est plutôt du côté du « Fall » où y a un problème.

Entre règlements de compte, flics véreux, et basses histoires de vengeance, on a déjà fait le tour chez Marchal. Il vient se complaire dans ce qu’il sait faire, ajoutant à son opposition voyous/flics celle du grand banditisme face aux petites frappes, sur fond de guéguerre juifs/rebeus qui très franchement n’amène rien au récit et dont on se serait volontiers passer. Sur la mise en scène, y a pas grand-chose à dire, là aussi on est dans les standards du père Marchal. Pas tellement de fioritures, sobre, efficace, voire académique. La direction d’acteurs, bon, Magimel et Depardieu continuent leur danse entamée dans Marseille, comme je le disais plus haut Michaël Youn et Gringe sont très bien. Les personnages féminins aussi, pour le peu qu’il y en a. Dani campe bien la mère de famille, cheftaine de gang à l’ancienne, et Laura Smet est plutôt pas mal dans son rôle de nouvelle meuf de Roca. Big up pour l’ouverture du film sur Suicide Social, au passage.

Bref, Carbone n’est pas le meilleur Marchal, loin s’en faut. Il se laisse regarder, mais on sent que le réalisateur arrive au bout d’un truc et qu’il va devoir se réinventer s’il ne veut pas définitivement devenir une caricature de lui-même.

Au revoir là-haut

au revoir

« Novembre 1919. Deux rescapés des tranchées, l’un dessinateur de génie, l’autre modeste comptable, décident de monter une arnaque aux monuments aux morts. Dans la France des années folles, l’entreprise va se révéler aussi dangereuse que spectaculaire.. »

Après un 9 Mois Ferme qui ne m’avait pas franchement emballé, Albert Dupontel revient derrière la caméra pour adapter le Goncourt 2013, écrit par Pierre Lemaitre. L’histoire commence le 9 Novembre 1918. Oui, à deux jours de l’armistice. On est dans les tranchées, chacun vaque à ses occupations en attendant la fin de la guerre, chez les Français comme chez les Allemands. Albert Maillard (Albert Dupontel) galère pour écrire une lettre à sa bien-aimée tandis qu’Édouard Péricourt (Nahuel Pérez Biscayart), dessinateur ô combien talentueux le croque. C’est alors qu’un lieutenant un peu trop zélé, le Lieutenant Pradelle (Laurent Lafitte), décide d’envoyer deux troufions en mission de reconnaissance, en plein jour, du côté de la tranchée ennemie. Pour le fun, histoire que ça pète et qu’on nique du boche une dernière fois, parce que quand même la guerre c’est ‘achement cool ! Pas manqué, ça part en couilles, y a des morts, Maillard est sauvé in extremis par Péricourt qui lui sera touché, et rejoindra la célèbre confrérie des Gueules Cassées. C’est lors de sa convalescence, et de la galère qui s’ensuit pour nos deux compères, que cette fameuse arnaque aux monuments aux morts va se monter car, il faut bien l’avouer, y a gras de thunes à se faire sur le dos des macchabées.

Je ne donnais pas cher d’Au Revoir Là-Haut à chaque fois que je voyais la bande-annonce au cinéma. Y a un côté Années Folles, burlesque, voire Jeunesque, qu’a le don de me débecter. J’aime pas tellement les films historiques, ou alors ça doit être un minimum sérieux. Heureusement qu’il existe encore des monteurs qui connaissent leur job et qui ne dévoilent rien du film dans les bandes-annonces qu’ils créent. Grand bien m’a pris d’aller le voir, non sans quelques conseils avisés grappillés de ci de là, et de m’être trompé. Au Revoir Là-Haut redonne ses lettres de noblesse au cinéma populaire, qui ne prend pas le peuple pour un peuple de décérébrés. Sur fond tragique, sans dévoiler trop l’histoire au delà de l’arnaque, c’est aussi un drame familial, de sang, de coeur, ça n’a que peu d’importance. Dupontel magnifie l’histoire par sa mise en scène, sobre et parfois virevoltante, par les costumes et les masques qui sont à tomber, et le casting qu’est aux petits oignons. Je n’ai pas spécialement en tête quelqu’un qui ressort du lot, chacun dans son registre incarne parfaitement la stature de son personnage. Quoique. Laurent Lafitte, dans ce rôle de ce connard arriviste au dernier degré, est peut-être un petit cran au-dessus des autres. Nahuel Pérez Biscayart, tout en body language et eye contact, parvient lui aussi à habiter son personnage, mais je pensais le voir un peu plus fantasque, plus jouer avec les masques, plutôt qu’ils soient simplement représentatifs de l’humeur du moment.

Bref, pas besoin de vous faire un dessin, Au Revoir Là-Haut redonne ses lettres de noblesse au cinéma populaire français, phagocyté par toutes ces comédies montées à la va-vite, sans scénario et enchainant les clichés plus vite qu’Harvey les castings. Courez-y, vous ne le regretterez pas.

Thor Ragnarok

thor

« Privé de son puissant marteau, Thor est retenu prisonnier sur une lointaine planète aux confins de l’univers. Pour sauver Asgard, il va devoir lutter contre le temps afin d’empêcher l’impitoyable Hela d’accomplir le Ragnarök – la destruction de son monde et la fin de la civilisation asgardienne. Mais pour y parvenir, il va d’abord devoir mener un combat titanesque de gladiateurs contre celui qui était autrefois son allié au sein des Avengers : l’incroyable Hulk… »

Parent pauvre du MCU, Thor revient pour une troisième aventure en « solo ». Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’une fois de plus Marvel aurait pu se dispenser de claquer des thunes là-dedans, tellement le résultat est d’un ennui total. Pis, y a de la gêne. À tous les niveaux. Je ne sais pas par où commencer. Le film est d’un ringard…

Oui, ringard. Surtout le Production Design. On pourrait commencer par cet horrible « dégradé Photoshop » du Ragnarok du titre. Enchaîner avec les costumes dignes des Power Rangers. Souligner l’influence de Komenor sur le design du costume de Cate Blanchett. Je veux bien accepter que la note d’intention de ce Thor Ragnarok fut de lui donner un aspect, une pâtine, 80’s façon Flash Gordon, clinquant, flashy. OK. Mais dans ce cas-là, tu vas jusqu’au bout. Trop de CGI, pas assez de carton-pâte. C’est raté. Si on ajoute à cela le virage « humoristique » de Thor, qu’essaie de balancer des punchlines à la Jack Burton… N’est pas Kurt Russell qui veut. Y a rien de drôle dans ce film. Rien. Ou alors faut avoir des aspirations bien basses pour se marrer à la mongolerie de Hulk, qu’agit comme un gamin de 5 ans. C’est quoi le projet ?

Quant à l’histoire, bon, tout est expliqué ci-dessus, pas besoin de revenir là-dessus. Si ce n’est que la planète sur laquelle Thor et Loki se retrouvent, Sakaar, fait furieusement penser à Tatooine, Jedha, ces planètes de sable made in Star Wars. D’autres références à Star Wars, je pense notamment au Retour Du Jedi, sont présentes dans le film. En version clean. Tout est propre, clean, même la décharge géante. Le pire là-dedans, c’est que je me demande si tout ce qui se passe dans ce Thor Ragnarok sert le propos de l’arc Avengers du MCU. Putain, faut vraiment que ça s’arrête. Y en a marre de tous ces gars. Tous. Voir comment Mark Ruffalo joue Bruce Banner ici, ça me fait une sorte de fussoir…

Je me dois de vous prévenir que la direction d’acteurs est à la hauteur du reste. Tom Hiddleston trimballe sa frêle carcasse de Loki pendant tout le film en donnant l’impression de ne pas être concerné par ce qui se passe sur le plateau. Faut dire que son perso, bon, un coup je te trahis un coup non, ça va cinq minutes. Chris Hemsworth, comment dire… Je pense réellement que l’apogée de sa carrière est son personnage dans le reboot de GhostbustersIl y est drôle, dedans. Ici, pfff…. Je l’ai toujours trouvé gêné aux entournures dans ce rôle. Ici encore il confirme qu’il n’est pas fait pour le rôle. Jeff Goldblum cabotine à mort, comme Cate Blanchett qui nous la joue mystérieuse et qui à aucun moment n’arrive à transcender le personnage, à lui donner la carrure d’une déesse, à nous montrer à quel point elle peut être dangereuse. Quant à Tessa Thompson, qui incarne une Walkyrie en exil déchenillée du matin au soir, comment dire… Michelle Rodriguez était trop chère, du coup la prod’ a engagé un sosie ?

Bref, vous l’avez bien compris, à moins d’être über-fan du MCU, ne gaspillez pas votre argent en allant voir Thor Ragnarok, réalisé par Taika Watiti, qui a pour fait d’arme d’avoir co-réalisé Vampires En Toute Intimité, et d’y jouer le rôle principal. Une fois de plus, Marvel pisse à la gueule de ses fans en sortant un produit tout juste bon à une sortie vidéo. Vraiment, payer le prix fort pour ça, c’est se foutre de la gueule du Cinéma. Ou n’avoir aucun niveau d’exigence. Et là, ça pose problème…

Coexister

coexister

« Un producteur de musique à la dérive décide de monter un groupe constitué d’un rabbin, un curé et un imam afin de leur faire chanter le vivre-ensemble. Mais les religieux qu’il recrute sont loin d’être des saints… »

OK, je sais très bien ce que vous vous dites à la vue de ce trailer: « qu’est-ce que c’est que cette merde ? » Dites-vous bien une chose, c’est qu’il ne rend absolument pas grâce au film, parce que Coexister est synonyme de grosse poilade. Oui, Europa Corp. peut produire des comédies françaises où on se marre genre plaisir coupable. C’est la marque de Fabrice Éboué, d’utiliser les clichés racistes de base pour les désamorcer via la blague. OK, de mauvais goût généralement, mais moi je suis client. Alors, Coexister, bien ou bien ?

Bah bien !!! Sur un pitch qui tient sur une feuille à rouler Fabrice Éboué réussit à bien nous faire marrer, dans la lignée de Case Départ et du Crocodile du Botswanga. Je passe les détails, tout ce que vous avez besoin de savoir c’est que le casting est nickel, chacun étant taillé pour le rôle, même Mathilde Seigner. Quelques scènes valent beaucoup de points, le Strip-Club, le casting du trio, et ce fabuleux clip de Pink Kalash que je vous laisse découvrir.

Je le disais sur une autre chronique, c’est souvent compliqué de parler de Comédie. Tout est une question de timing, Francis Veber l’expliquait très bien. Tant que le résultat est là, qu’on se marre, c’est gagné. Et Coexister remplit son rôle à merveille. Un bon conseil: allez le voir.

Le Sens De La Fête

le sens de la fete

« Max est traiteur depuis trente ans. Des fêtes il en a organisé des centaines, il est même un peu au bout du parcours. Aujourd’hui c’est un sublime mariage dans un château du 17ème siècle, un de plus, celui de Pierre et Héléna. Comme d’habitude, Max a tout coordonné : il a recruté sa brigade de serveurs, de cuisiniers, de plongeurs, il a conseillé un photographe, réservé l’orchestre, arrangé la décoration florale, bref tous les ingrédients sont réunis pour que cette fête soit réussie… Mais la loi des séries va venir bouleverser un planning sur le fil où chaque moment de bonheur et d’émotion risque de se transformer en désastre ou en chaos. Des préparatifs jusqu’à l’aube, nous allons vivre les coulisses de cette soirée à travers le regard de ceux qui travaillent et qui devront compter sur leur unique qualité commune : Le sens de la fête. »

« Après Nos Jours Heureux et Intouchables« , rien que ça doit vous mettre sur la voie. Ce qu’est bien avec Toledano et Nakache, c’est qu’on est à peu près sûr de passer un bon moment devant une comédie à l’écriture ciselée, avec des personnages eux aussi bien écrits, voire écrits pour les acteurs. Là, difficile de dire autre chose, tant le rôle de Max semble avoir été écrit pour Jean-Pierre Bacri. Il incarne le personnage tel qu’on le conçoit, traînant cette espèce de spleen, de ras-le-bol, de poids sur les épaules, qu’on lui connait si bien. Faut dire que Max a des raisons d’être au bout du rouleau. Sa femme l’a plus ou moins quitté, son amante aussi, son boulot lui a bouffé toute son énergie, il en a marre, il veut vendre, et en plus ces clients sont relous. Et ce n’est pas avec Pierre (Benjamin Lavernhe, Smithers dans Radiostars) que ça va s’arranger. Condescendant, control freak, il aura vite fait de se mettre quelques-uns des employés de Max à dos, en commençant par James (Gilles Lellouche, très bien dans le rôle), chargé de la musique. Cependant, Max peut compter sur sa fidèle assistante Adèle (Eye Haidara, la révélation) pour chapeauter cette fourmilière. Vu qu’il a la tête pleine de merde, ce ne sera pas du luxe.

Finement écrit, ciselé, drôle, Le Sens De La Fête rentre pleinement dans le cadre de ces comédies, voire dramédies, pour lesquelles on peut faire l’effort d’aller les voir au cinéma. Alors, c’est sûr, c’est pas non plus la grosse poilade, ce n’est pas Coexister (sur lequel je reviendrai prochainement), mais le film a le mérite de nous faire passer un bon moment. Le casting est au poil, du plus petit rôle au principal. Même Jean-Paul Rouve, c’est dire ! Y a pas non plus de grandes choses à retenir ou à disserter de ce film, c’est du feel good, y a de bonnes vannes, des moments où on est plus dans l’émotion, comme cette scène de danse qui sort de nulle part, et qui amène de l’oxygène au milieu de cette soirée qui, il faut bien le dire, est loin d’être parfaite. Mais on se marre: la connerie de Samy (Alban Ivanov), la grossièreté d’Adèle, le sarcasme de Max, le personnage quelque peu dépressif, Grammar Nazi, qu’est Julien (Vincent Macaigne) le beau-frère de Max, j’en passe et des meilleurs, tous ces personnages sont autant de mignardises dont on se délecte.

Je ne dis pas que c’est nécessaire d’aller le voir au cinéma, d’autant plus que tous ces gens n’ont pas forcément besoin de votre caillasse. Si vous allez au cinéma une fois tous les 3 mois, effectivement vous n’avez pas les mêmes attentes. Mais si comme moi vous avez du temps à passer dans les salles obscures, Le Sens De La Fête s’avère un bon choix.  Pis Bacri, quoi, parfait !

Kingsman: Golden Circle

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« KINGSMAN, l’élite du renseignement britannique en costume trois pièces, fait face à une menace sans précédent. Alors qu’une bombe s’abat et détruit leur quartier général, les agents font la découverte d’une puissante organisation alliée nommée Statesman, fondée il y a bien longtemps aux Etats-Unis. Face à cet ultime danger, les deux services d’élite n’auront d’autre choix que de réunir leurs forces pour sauver le monde des griffes d’un impitoyable ennemi, qui ne reculera devant rien dans sa quête destructrice. »

Notre Chav Bond est de retour, et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il n’est pas là pour beurrer des tartines. Depuis le premier opus, Eggsy (Taron Egerton) s’est trouvé une meuf, il est limite fiancé, et continue de sauver le monde, toujours soutenu par le fidèle Merlin (Mark Strong). Malgré cela, il a du mal à se remettre de la mort de son mentor, Harry (Colin Firth). Il a même son chien empaillé chez lui ! Bref, alors qu’il se retrouve face à Charlie (Edward Holcroft), un ancien stagiaire Kingsman, il va être négligent. Et ça va mener à ce que tout Kingsman soit annihilé. Seuls en réchapperont Eggsy et Merlin. Pour retrouver l’auteur de cette attaque, ils vont devoir traverser l’Atlantique, et demander de l’aide au cousin américain de Kingsman, Statesman.

On sait tous que le second opus d’une franchise se doit confirmer l’effort de son prédécesseur, surtout quand il s’agit d’un film aussi fun que Kingsman: Secret Service. Je vous rassure tout de suite, c’est le cas. On est dans la même lignée. C’est conforme au cahier des charges. C’en est tellement conforme que je me demande ce que je peux raconter. Y a pas vraiment de surprises, en fait.  Évidemment Kingsman: Golden Circle joue quelque peu la carte de la surenchère, histoire d’enfoncer le clou du premier opus, depuis la scène d’ouverture – une course-poursuite dans l’esprit du m(aî)ètre-étalon – à l’happy end final, assez ouvert pour nous orienter vers ce que pourrait être le troisième opus.

C’est plutôt bien filmé, les scènes d’action sont nerveuses, rythmées, c’est drôle, y a un peu de suspense, le casting est bon, ainsi que la direction d’acteurs. Ça fait toujours plaisir de revoir Julianne Moore et Jeff Bridges dans le même film, même s’ils ne partagent aucune scène. Plutôt classe, Julianne Moore, dans ce rôle de première fortune mondiale en quête de reconnaissance ! Quant aux Statesmen, entre le rôle assez anecdotique de Channing Tatum, c’est bien dommage, et Halle Berry qui fait le job, on ne peut que faire ressortir la présence de Pedro Pascal au casting, qui joue l’agent Tequila (n’est pas Chow Yun-Fat qui veut),  qui partira en mission avec Eggsy et Merlin. Il faut bien l’avouer, cette moustache lui donne une sacrée tête de Burt Reynolds ! Voulu, pas voulu ? Ça ne m’étonnerait qu’à moitié. Et voilà, quoi !

C’est tout le paradoxe de Kingsman: Golden Circle. Le film est cool, y a quelques bonnes vannes, tout roule, et c’est aussi sa limite, du coup. Mais n’est-ce pas ça, le secret d’un divertissement réussi ? On en ressort, on est content, on a passé un chouette moment, et basta ? Je crois bien !